Nous préparons le Forum Global Nyéléni de 2025 alors que notre région traverse une guerre terroriste menée par Israël, y compris un génocide à Gaza, une guerre destructrice au Liban et des attaques continues contre la Syrie et le Yémen, en plus d’une guerre de pillage menée par les princes du Golfe au Soudan.
Le nombre et l’étendue des guerres que la région NENA a connues au cours des 100 dernières années et qui continuent à sévir ont bouleversé sa souveraineté alimentaire, entre autres droits des peuples de la région.
Outre l’intervention indirecte et politique des pays du Nord, cela signifie que la souveraineté alimentaire de la région a également été absente des programmes politiques et mesures de la société civile et des États. De plus, elle est abordée sous le prisme de la sécurité alimentaire, tout en écartant une approche intersectionnelle de la question, pourtant indispensable.
Pour élargir la vision
Alors que la souveraineté alimentaire est entre les mains des peuples et de leurs petits producteurs alimentaires, la sécurité alimentaire est principalement contrôlée par les multinationales. La première garantit des aliments nutritifs, adaptés au contexte et en quantité suffisante, tandis que la seconde fonctionne selon le principe de rentabilité, proposant des produits qui ne garantissent pas un véritable accès à la nutrition. Nous avons besoin de souveraineté alimentaire, où les communautés contrôlent leurs propres systèmes alimentaires et assurent un accès équitable à des aliments sains, locaux et libérés de l’exploitation des entreprises.
Par conséquent, et simultanément à l’élaboration du processus Nyéléni, nous produisons également une liste d’attentes et d’espoirs pour le Forum Global Nyéléni. Nous pensons que ce forum est l’occasion pour notre région de mondialiser ses causes et de susciter la solidarité, mais aussi d’apprendre d’autres contextes et expériences, et de les adapter à notre culture locale et l’héritage de nos mouvements de décolonisation.
À cet égard, le Forum Global semble propice, pour notre région ainsi que pour d’autres, au traitement du caractère profondément intersectionnel de la souveraineté alimentaire, et à la création d’un espace de partage des connaissances, d’apprentissage et de radicalisation de nos conceptions et de nos mouvements.
Il ne fait aucun doute que les puissances patriarcales, capitalistes et coloniales lancent de nouvelles offensives terroristes sur les peuples du Sud mondial. Notre résistance passera impérativement par des visions collectives du monde qui partent de la base et intègrent l’intersectionnalité, et qui consacrent la souveraineté alimentaire, l’accès aux droits humains de base (comme l’accès au logement, aux terres et aux ressources, à l’éducation, à la santé, etc.), la libération des populations et des femmes, ainsi que les libertés personnelles comme des droits inaliénables.
Par Jana Nakhal, Marche Mondiale des Femmes
